Horace / Quintus Horatius Flaccus (65 av. J.-C. - 8 av. J.-C,) : « L’âpre saison a contracté le ciel... » / « Horrida tempestas caelum contraxit... »
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Portrait imaginaire d'Horace par Anton von Werner
L’âpre saison a contracté le ciel, les bourrasques
et la neige font descendre Jupiter ; venu de Thrace, l’Aquilon
fait retentir maintenant les forêts et la mer. Mes amis, dérobons
au jour cet instant, tant que nos genoux sont encore verts,
et que c’est convenable, que la vieillesse s’éloigne du front qu’elle assombrit.
Toi, va chercher le vin de l’an de ma naissance ;
pour le reste, silence ; un dieu peut-être fera tourner les choses
de façon bienveillante. Aujourd’hui nous voulons
nous parfumer de nard oriental et sur la lyre du Cyllène (1)
chasse de nos cœurs tous les cruels soucis,
comme à son grand élève l’a prédit le glorieux centaure (2) :
« Toi l’invincible, enfant mortel d’une déesse, Thétis,
la terre qui t’attend est celle d’Assaracus (3), que fendent les ondes fraîches
du modeste Scamandre et le cours fluide du Simoïs.
D’une trame certaine, les Parques ont coupé le fil
de ton retour, et ta mère azurée ne te reconduira pas chez toi.
Là-bas, allège tout malheur par le vin et le chant :
Ce sont eux qui consolent de la laide tristesse. »
(1) la lyre fut inventée par Hermès, né sur le mont Cyllène, en Arcadie
(2) Le centaure Chiron, maître de sagesse, fut précepteur d’Achille
(3) Antique roi de Troie. Le Scamandre et le Simoïs sont des fleuves proches de Troie
(Epodes)
Traduit du latin par Philippe Heuzé
In, « Anthologie bilingue de la poésie latine »
Editions Gallimard (Pléiade), 2020
Du même auteur :
« Trop longtemps le Père... » / « Iam satis terris ... » (02/09/2024)
« Le puant Mévius... » / « Mala soluta nauis exit alit... » (02/09/2025)
Horrida tempestas caelum contraxit et imbres
niuesque deducunt Iouem; nunc mare, nunc siluae
Threicio Aquilone sonant. rapiamus, amici,
occasionem de die dumque uirent genua
et decet, obducta soluatur fronte senectus.
Tu uina Torquato moue consule pressa meo.
cetera mitte loqui: deus haec fortasse benigna
reducet in sedem uice. nunc et Achaemenio
perfundi nardo iuuat et fide Cyllenea
leuare diris pectora Sollicitudinibus,
nobilis ut grandi cecinit Centaurus alumno:
« Inuicte, mortalis dea nate puer Thetide,
te manet Assaraci tellus, quam frigida parui
findunt Scamandri flumina lubricus et Simois,
unde tibi reditum certo Subtemine Parcae
rupere, nec mater domum caerula te reuehet.
Illic omne malum uino cantuque leuato,
deformis aegrimoniae dulcibus adloquiis. »
Epodon Liber
Poème précédent en latin :
Catulle / Caius Valerius Catullus : « Vivons, ma Lesbie... » / Vivamus, mea Lesbia... » (28/03/2026)
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